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    LA SAGA DE LA « B » - 2009/2010

    ACTE XI : 8 JANVIER, FAUX DEPART

    O noble voyageur des espaces virtuels,

    Mister K reprend en ce début d’année la plume pour une chronique un peu particulière. Tu n’y trouveras pas le récit d’un match, faute de match, mais celui du début d’une épopée un peu écourtée.
    Pour te narrer cet épisode qui concerne cinquante pingouins, « b », « une » et « encadrement » [j’ai mis des guillemets aux deux autres, je ne vois pas pourquoi je n’en mettrais pas là aussi] réunis, Mister K se basera sur un personnage emblématique, représentatif de l’âme du groupe, que nous appellerons l’AUCien.
    Pour l’AUCien, l’épopée a commencé, dans sa tête, depuis plusieurs jours en fait, dans la perspective du déplacement à Bastia qui doit occuper ce week-end. Son sommeil a été agité par la perspective de l’entrée dans l’arène. Parce que quand on parle des lieux de la mythologie du rugby, bien sûr, on pense à l’Arms Park ; à Lansdowne Road ; à Murrayfield ; au stade de Bastia.
    Le grand jour, le vendredi du départ, est en tout cas arrivé, et l’AUCien consacre son début d’après-midi à préparer son sac. Pêle-mêle, il balance dans celui-ci :
    - Les boules de pétanque, pour jouer sur le pont du bateau. Cette fois-ci, il faudra penser à ne pas tirer le cochonnet par-dessus bord.
    - Les préservatifs ; huit boites de dix. Eh, c’est qu’on va être partis trois nuits !
    - La bière, au cas où il aurait une petite soif après avoir bu un coup.
    - Le maillot de son équipe préférée du Top 14, qu’il a mis trois mois à trouver en taille X-Small pour avoir l’air gaillard dedans.
    - Un livre, au cas où il tomberait sur une intellectuelle. Avec dedans le marque-page sur lequel il a écrit « Pance a tenir le boukin à landroi é a tourné une paje de tan zan tan ».
    - Un pull présentable, pour la réception d’après-match.
    - Du sent-bon, pour la réception d’après-match.
    - Sa brosse à dents.
    - Son pyjama.
    Au moment de prendre celui-ci intervient le moment un peu difficile où, le cœur serré par la culpabilité, il explique à son nounours pour la troisième fois qu’il ne peut pas l’emmener pour le déplacement. Mais qu’il lui promet qu’il ne couchera pas avec un autre nounours, ni sur le bateau, ni en Corse.
    Une fois tout rentré, l’AUCien saute à cul joint sur son sac pour tasser le tout et arriver à fermer. Il donne ensuite quelques coups de pied dans son sac, pour lui donner un air sac de baroudeur, de mec qui a l’habitude de passer ses samedi à New York ou Shanghai (mais pas les dimanche, parce qu'il faut être rentré pour le match), et qui est blasé par un déplacement en Corse.
    Il regarde le résultat d’un air satisfait, néanmoins tracassé par l’idée qu’il manque quelque chose … Merde ! Ses affaires de rugby.
    L’AUCien passe donc un autre bon moment à essayer de mettre un sac plein dans un autre sac déjà plein. Jusqu’à finalement prendre un sac plus grand, et balancer dedans tout le matos déjà évoqué avec en plus ses crampons, son protège-dents, une chaussette (il n’arrive pas à trouver l’autre, mais il y aura bien un mec de l’équipe avec trois chaussettes, non ?) et un short rouge (il en avait un noir, qu’on lui a donné en début d’année, mais qu’est-ce qu’il en a foutu ?).
    Et juste au moment où, épuisé par tant d'efforts, il termine tous ces préparatifs, à 15h13 l’AUCien reçoit le sms fatidique : « Match annulé ».
    Il reste comme un con pendant deux minutes, regardant son téléphone, incrédule. Il est con, ce téléphone, ou quoi ?
    Il regarde par la fenêtre : il n’y a rien ! Pas de neige, pas d’iceberg, pas de tsunami! C’est quoi cette histoire de match annulé ? L’AUCien téléphone alors au Clobose et apprend, la mort dans l’âme, que non, ce n’est pas une blague. L’épopée s’arrête aux préparatifs.
    Heureusement l’encadrement [qui mérite de perdre ses guillemets sur ce coup] gère, en même temps que les annulations, la préparation en urgence d’une soirée pour se retrouver quand même et faire passer la déception.
    Après ce faux départ, la glorieuse « b » de l’AUC saura-t-elle reprendre un chemin glorieux ? Tu le sauras, ô noble voyageur des espaces virtuels, en revenant sur ces pages la semaine prochaine.

    PS : la composition de l’équipe qui a écrit cette page particulière : tous les AUCiens et toutes les AUCiennes ; avec un clin d’œil particulier à l’encadrement qui a dû gérer tout ça.

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